Imaniyé Dalila Daniel et « Dewo » : quand la mémoire coloniale interpelle la Martinique d’aujourd’hui

Imaniyé Dalila Daniel et « Dewo » : quand la mémoire coloniale interpelle la Martinique d'aujourd'hui

Cet épisode de « Au Gré Des Pages » avec Imaniyé Dalila Daniel aborde une thématique cruciale et sensible pour les sociétés caribéennes : l’héritage omniprésent de la colonisation dans l’espace public. Son roman « Dewo » provoque une réflexion nécessaire sur la mémoire historique, l’identité et la transmission culturelle, des sujets qui résonnent profondément auprès des habitants de la Martinique, de la Guadeloupe, de la Guyane et de la diaspora. Il invite les spectateurs à une discussion éclairée sur les symboles qui façonnent leur environnement et leur patrimoine.

La question des noms de rues coloniales en Martinique

L’entretien avec Imaniyé Dalila Daniel, auteure du roman « Dewo », met en lumière un débat crucial en Martinique : la persistance de noms de rues et de lieux publics honorant des figures ayant contribué à l’esclavage et à la colonisation. À travers le personnage de Kenzo, le roman interpelle sur le silence entourant cette réalité, soulevant la question de la pertinence de conserver des noms comme « Place Joyeuse » ou la « Fontaine Gueydon » à Fort-de-France.

Un appel à la réappropriation mémorielle

Le personnage de Kenzo propose une démarche de débaptisation pour remplacer ces dénominations par celles de figures ayant lutté contre l’esclavage, une initiative visant à rendre hommage aux véritables héros de l’histoire martiniquaise. Cette réflexion invite les spectateurs à s’interroger sur l’impact de l’environnement mémoriel sur l’identité collective et la transmission historique.

L’héritage familial et la culture martiniquaise vivante

Au-delà de cette contestation politique, Imaniyé Dalila Daniel met également en valeur la richesse de la culture martiniquaise. Le roman dépeint la transmission intergénérationnelle à travers la cuisine, les rituels familiaux et la langue créole, rassemblant grands-parents, parents et enfants. C’est un vibrant hommage à la famille martiniquaise, perçue comme un pilier essentiel pour préparer l’avenir tout en honorant le passé et ses devoirs de mémoire.

Cet épisode de « Au Gré Des Pages » offre une analyse profonde et nuancée des enjeux mémoriels et culturels en Martinique, invitant à une réflexion essentielle sur l’héritage colonial et la vitalité de l’identité caribéenne. Il est une invitation à reconsidérer notre rapport au passé pour mieux construire l’avenir.